Communiqué du 22 juillet 2007 

LE SYNDROME DE LA CHRYSOMELE DU MAÏS

 Le Mouvement Ecologiste Indépendant déplore qu’une fois de plus la région frontalière doive être soumise à un traitement préventif de lutte contre la chrysomèle du maïs. En effet, l’épandage par hélicoptère n’étant pas sélectif, détruira tous les autres insectes, empoisonnant les milieux riverains et les riverains eux-mêmes. C’est ainsi qu’en 2003, des habitants de Michelbach avaient vu périr poissons et batraciens dans leur biotope quelques heures à peine après le premier passage de l’hélicoptère.

D’autre part, l’insecticide utilisé, probablement le Décis Expert, est un produit à base de deltaméthrine, un neurotoxique et un perturbateur du système hormonal. On estime que lors de la pulvérisation 25 à 75% des quantités appliquées partent dans l’atmosphère, contaminant l’air, les brouillards et les pluies. L’impact environnemental et sanitaire des pulvérisations est donc réel. Le coût réel de l’opération est par conséquent inchiffrable.

L’homme moderne a choisi de lutter contre cet insecte dit « ravageur » venu d’Amérique qui – cela dit en passant - est toujours repéré près des aéroports…

Cette situation récurrente est révélatrice de choix agricoles et économiques non durables. Dans le Haut-Rhin, le maïs représente 85% des céréales produites. Avons-nous vraiment besoin de tout ce maïs ? Ce n’est pas sûr...

70% du maïs est transformé en amidon et son dérivé, le sirop de glucose qui fait les choux gras de l’industrie agroalimentaire. Selon une étude récente, il favoriserait les maladies cardio-vasculaires, hépatiques, et l’obésité de nos populations sédentaires adeptes des plats cuisinés et du micro-ondes (cf.  « Savoir manger » des docteurs J.M. Cohen et P. Serog).

L’alternative pourrait être inspirée du modèle allemand caractérisé par la diversification des cultures. En effet, dès que l’on passe la frontière, la campagne du Bade-Würtenberg dévoile une mosaïque de cultures céréalières et maraîchères ainsi que de nombreux vergers, qui rapprochent le producteur du consommateur et garantissent une alimentation fraîche et vitaminée.

En ce qui concerne l’alimentation animale, l’association maïs-soja (soja transgénique d’Argentine) importée d’Amérique a supplanté notre modèle alimentaire européen qui était basé sur le blé et le pois. Le fait de nourrir ainsi les vaches avec le seul objectif de productivité est un non sens. Ces animaux ont de tous temps été herbivores ! Ils développent d’ailleurs une pathologie de plus en plus fréquente, l’acidose, conséquence d’une alimentation mal équilibrée. La culture de prairies d’associations graminées et de légumineuses et de luzerne permettrait d’obtenir un aliment équilibré pour les bovins, et un lait de meilleure qualité.

Les citoyens consommateurs cautionnent sans le savoir ce système basé sur la productivité qui ne peut se passer de l’emploi de molécules chimiques dont nous ne connaissons pas tous les effets sanitaires. Un changement de culture alimentaire des consommateurs,  associé à une forte volonté politique à tous les niveaux permettrait d’influencer les orientations de notre agriculture. Les bons exemples ne manquent pas.

 

Pour le Mouvement Ecologiste Indépendant

Colette Marchal

Vice-présidente régionale

Tél : 03 89 40 31 11